Nigeria : menace de paralysie sur le port d'Onne face aux nouvelles taxes
Les syndicats et acteurs portuaires d'Onne donnent quatre jours au gouvernement fédéral pour suspendre les frais E-Call Up et réparer les routes, sous peine d'arrêt total des opérations.
Le port d'Onne, l'un des plus stratégiques du Nigeria pour les marchandises et les hydrocarbures, pourrait s'arrêter net. Les syndicats de marins, les agents en douane et les jeunes de la zone ont lancé un ultimatum de quatre jours au gouvernement fédéral : soit il suspend les prélèvements E-Call Up imposés aux camions qui entrent dans l'enceinte portuaire, soit il répare les routes internes dégradées, soit c'est la fermeture complète. La menace est assortie d'une date butoir, mais aucune précision n'a été donnée sur la date exacte de l'échéance.
Cette grogne couvait depuis plusieurs semaines. Les transporteurs dénoncent des frais jugés illégaux et un état des routes qui endommage leurs véhicules et retarde les livraisons. Le président de l'ANLCA, section d'Onne, a déclaré que les parties prenantes ont épuisé les discussions et qu'elles passeront à l'action si rien ne bouge. Le port d'Onne traite une part importante des importations de la région sud-sud, notamment les conteneurs destinés aux zones industrielles de Port Harcourt et au-delà. Une paralysie aurait des répercussions directes sur les chaînes d'approvisionnement, déjà fragilisées par la dépréciation du naira et la hausse des coûts logistiques.
Le gouvernement fédéral, par le biais de l'Autorité portuaire nigériane (NPA), n'a pas encore répondu officiellement. Mais les précédents dans d'autres ports, comme Lagos, montrent que ces mouvements de grogne aboutissent souvent à des négociations de dernière minute. La question des E-Call Up, un système de réservation électronique pour réguler l'entrée des camions, est devenue un point de friction récurrent dans les ports nigérians, entre modernisation et coûts supplémentaires pour les usagers. Pour l'instant, les opérateurs croisent les doigts pour que l'ultimatum ne soit pas mis à exécution, car les retards coûteraient cher à tous.
Cette menace de shutdown s'ajoute à une année déjà compliquée pour le commerce extérieur nigérian, entre pénuries de devises et infrastructures défaillantes. Les acteurs économiques de la zone, notamment ceux qui dépendent des importations via Onne, surveillent de près l'évolution de la situation. Si le port s'arrête, les répercussions se feront sentir sur les prix des marchandises dans tout le sud du pays, avec un risque d'inflation supplémentaire sur des produits déjà chers.
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