Afrique de l'Ouest : un marché régional de l'énergie pourrait générer 3 000 milliards de dollars
Selon un expert, un marché régional de l'énergie interconnecté pourrait créer une richesse de 3 000 milliards de dollars en Afrique de l'Ouest d'ici 2035. Une intégration qui réduirait les coûts et attirerait les investissements.
Un expert estime que l'Afrique de l'Ouest pourrait bâtir un marché de l'énergie de 3 000 milliards de dollars d'ici 2035, à condition de connecter les réseaux électriques des seize pays de la région. Aujourd'hui, chaque État gère son système de manière isolée, avec des coûts de production élevés et des coupures fréquentes. Le Nigeria, premier producteur de pétrole du continent, exporte du gaz, mais ses voisins comme le Bénin ou le Togo dépendent encore de centrales thermiques coûteuses et polluantes.
Une intégration régionale permettrait de mutualiser les ressources : l'hydroélectricité de la Guinée ou du Ghana pourrait alimenter les pays du Sahel en période de sécheresse, tandis que le gaz nigérian servirait de source de secours. Les experts citent l'exemple de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), qui a déjà mis en place un cadre de coopération, mais les infrastructures manquent. Le projet de gazoduc Trans-Saharan, reliant le Nigeria à l'Algérie, est en discussion depuis des décennies, mais les retards s'accumulent.
Pour les ménages et les entreprises, l'impact serait considérable. Au Nigeria, le coût de l'électricité représente jusqu'à 30 % des charges des PME, selon la chambre de commerce de Lagos. Avec un marché régional, les prix pourraient baisser de 20 à 30 %, estime l'expert. Les investisseurs internationaux, comme la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, poussent déjà à la création d'un marché unique de l'électricité, mais les obstacles politiques et techniques restent nombreux. Les réseaux nationaux sont vétustes, et les règles de tarification varient d'un pays à l'autre.
Reste à voir si les dirigeants de la région sauront dépasser leurs intérêts nationaux. Le Nigeria, qui produit plus de 70 % de l'électricité de la zone, craint de subventionner ses voisins. Mais sans cette intégration, l'Afrique de l'Ouest continuera de perdre des milliards en opportunités économiques, alors que la demande énergétique devrait doubler d'ici 2040. Les décisions prises dans les prochaines années seront décisives pour l'avenir industriel de la région.
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